Ca commence à sentir la crevette.
Demain, donc, Sète. Aujourd’hui Pézenas, trente petits kilomètres que l’on va
s’avaler en père peinard. Hier, Mourèze, troisième concert chez l’habitant,
chaleureux, dans un décor lunaire (cirque de Mourèze), une cinquantaine de
nouveaux visages rencontrés, je ne compte plus ces rencontres, elles se
mélangent un peu, les paysages aussi, et j’ai arrêté de chercher à les fixer, je
laisse aux flux et reflux de la mémoire le soin de revenir quand ça voudra.
Depuis quelques jours c’est la fête des coquelicots. En grappe. Rouge vif
fragile, je m’en imbibe. Hier, juste avant de chanter le mien de Coquelicot, un
petit garçon bien bavard a dit tout haut que lui il les mangeait… C’est
peut-être ce qui le rend si bavard, d’ailleurs.
Alors voilà, j’arrive au bout, demain je serai à Sète, à bicyclette, avec ma
petite boîte, celle de l’empailleur de bulles de savon. Merci Pablo pour ce joli
cadeau qui m’a permis de pédaler sur scène chaque soir.