A Moulay, au Sud de Mayenne, le long de la même rivière, l’hôtel restaurant Beaurivage porte bien son nom. Ce soir, relâche, je troque l’attelage et les chansons pour une sole meunière, une demie bouteille de Sancerre et le fil de l’eau. La journée fut encore assez côtue (mot inventé, oui, mais joli, non ? sonore contraction de côte dodue) et chaude. Faute d’itinéraire adéquat, moi qui ne prends d’habitude que de la blanche, j’ai commis une infidélité avec une route jaune suivie quasiment toute la journée. Calme Mayenne aux odeurs rurales, calme moyenne au compteur et aux pédales. C’est agréable aussi de pédaler en sachant qu’il n’y a pas de deuxième journée au bout de l’étape. Différent. Arrivé à mon Beaurivage, j’ai très vite sympathisé avec un carré de retraités, férus de Ferré, ayant vu Boby Lapointe en « vedette américaine » (Boby américain ?) de Brassens, on échange une bière et quelques chansons, je leur parle de cette trajectoire qui touchera mer dans quelques jours. Après le Sancerre, j’ai fait plouf dans la nuit, sans demander mon reste. Demain, c’est l’entrée en Bretagne.