Il y a quatre dimanches, Strasbourg me soufflait dans le dos au Jardin des Deux Rives. Me voilà à Fougères, mille kilomètres plus loin. Ce nombre à quatre chiffres a été franchi au moment où la Mayenne (53) se regarde dans le miroir et devient l’Ille et Vilaine (35). Ceci s’est produit quelque part entre Larchamp et la Chapelle Janson. Depuis une bonne quinzaine de jours les coquelicots se multiplient sur les talus. Certains, tempérament sauvage, pointent isolés au milieu des blés, qui de vert deviennent jaunes au fur et à mesure des kilomètres et des jours. Bref, les coquelicots. Je ne m’en lasse. Ici à Fougères, le café-concert en porte le doux nom. Comme la chanson et le mystère dont elle parle. Du coup je l’ai chantée ce soir sous mon poisson-parapluie. Patrick, capitaine de cette fleur chantante, chantait aussi du haut de son comptoir. Après le spectacle, quelques mollets sont titillés, alors je donne rendez-vous demain matin à 9 H 30, normalement j’aurai un escorte. Et à l’autre bout, un comité d’accueil. Alain, aux Ateliers du Vent (Rennes), m’a ingénument mais instamment demandé de l’appeler une heure avant de pointer le bout de ma Gazelle. Affaire à suivre.