Ça y est, j’ai eu mon arrivée d’étape du Tour de France ! L’an dernier, c’était le festival l’Air du Temps à Lignières (Berry), pour un final mémorable. Cette année donc, les Ateliers du Vent, Rennes. Lorsque je me suis engagé dans la rue Alexandre Duval, j’ai reconnu ce doux bruit du mégaphone, léger crachotement dans la voix commentant les derniers mètres. Sous les applaudissements d’une vingtaine de mes semblables je coupe la ligne d’arrivée, au pied de cette ancienne usine Amora, devenue ruche éolienne artistique (allez donc voir ici : www.lesateliersduvent.org). Deux jeunes femmes pimpantes, déguisées et perruquées me remettent une coupe, un bouquet, le maillot jaune (sur lequel on peut lire ces trois lignes farceuses : « aux Ateliers du vent / le 15 juin 2009 / Sire est jaune »). On fait péter une bouteille de cidre, je le bois à la coupe, soleil. Oui, mes semblables, car j’ai immédiatement perçu le doux parfum du jeu. Ils aiment jouer, j’aime jouer, alors ensemble, on joue. Dans l’immense dédale de cet espace industriel, a été aménagé un petit théâtre de poche. J’y pose ma monture, mes chansons, mon voyage. Et Bidule. Bidule est ici connu, de petits panneaux blancs guident à bon port les pas des spectateurs, avec écrit dessus : « Bidule, par ici ! Sire, c’est par là ! etc… » L’ensemble jouxte la voie ferrée, une demi-douzaine de trains ponctuent le spectacle, quelques bruits et commentaires enfantins aussi (une bambine me prête même son doudou le temps de trois chansons, ce qui n’est pas rien, un doudou). Un pareil accueil ne peut que fleurir l’imaginaire. On passe une heure et demie vraiment heureuse. Et je repense à l’entremetteur de cette rencontre, Pierre Payan, musicien pluriel, rencontré l’an dernier à Albi sur un hommage à Boby Lapointe. Merci Pierrot. Aux Ateliers du Vent également je prends rendez-vous pour un espace-temps à venir. On a fini par manger des spaghettis, je ne les compte plus, en s’échangeant quelques poètes à lire. Demain, je reste rennais, j’irai voir comment coule le temps au Sablier.