Il y a quelques années, je fis la pendule entre Paris et Rennes, donnant quelques cours de statistiques à l’Université Rennes-II. Les dits cours de statistiques mettaient en scène des populations entières de micromartiens, micromartiennes, microbébémartiens et microbébémartiennes, l’ensemble prétexte à découvrir les joies de l’écart-type, de la variance et autres moyennes pondérées. Les yeux de certains étudiants s’ouvraient comme des billes devant ces soudaines populations extraterrestres, c’est qui ce type ? J’ai musardé quelques heures aujourd’hui et retrouvé le goût particulier de cette belle ville. Un cheminement improbable m’amène chez Pierre Guédart Cycle pour une révision de la Gazelle qui débloquait du dérailleur depuis deux jours, chose assez désagréable dans la côtue Bretagne. Le cheminement improbable : tous les deux ou trois jours une journaliste de Gaillac (Radio R d’Autan) m’appelle pour prendre nouvelles de cette trajectoire. Au fait de mon dérailleur râleur, elle me mit donc en contact avec un certain monsieur Leroy, ami rennais. Que Leroy dusse aider le Sire était inévitable, celui-ci m’envoie donc chez son ancien patron, Pierre Guédart, paraît que c’est le meilleur. Le diagnostic fut rapide et le pansement non moins. Me revoilà paré pour affronter les vallons armoricains. Deux coucous successifs aux studios de Radio Canal B puis de France Bleu Armorique, avant de rallier le Sablier et d’y poser les bagages. Ce Sablier où je fis, là aussi ça remonte un peu, la première partie d’un San Severino sacrément en verve. Ce soir fut plus calme. Bruno, le patron, concocte de délicieux crabes farcis, mais j’ai pris une saucisse et trois fois du riz. Un tout petit homme m’a rejoint sur scène le temps des Tics. Ensuite j’ai fait une courte étape nocturne avec tout l’attelage pour rentrer dormir aux Ateliers du Vent. Demain, commence la grande dernière ligne droite : Ploërmel, Quelven, Carhaix, Brest, Ouessant.