Quand je bois Contrex je zig-zag mieux!

La bicyclette appelle la bicyclette. Mon premier compagnon de route fut donc Pierre hier. Ce matin, c’est une accorte escorte à quatre jambes qui me porte vers les portes de Contrexéville : un tandem bruxello-parisien est en effet apparu hier soir au concert de La Neuveville devant Bayon. Elle, Aurélie, lui, Fred. Il y a quelques temps, ils avaient goûté aux douces chinoiseries de Drôle de Sire, et les voilà qui profitent de ce pont de l’Ascension pour venir humer le pourquoi du bidule. L’entente est immédiate, discrétion et goût de la route partagés, nous voilà donc parti pour trois bouts d’étape en trio. D’ici à Marmesse, je compte bien les habiller en tandem sandwich avec les affiches de la tournée, je pense qu’on va faire un tabac auprès des vaches. La grisaille du matin se métamorphose de kilomètre en kilomètre, on termine l’étape à grandes tartines de crème solaire. Le tandem à ceci d’étonnant qu’il attire une sympathie immédiate du clampin qui le voit passer. On klaxonne à tout rompre sous les yeux en bille des villageois. Les villages en question forment un chapelet de nom en –court, à toutes les sauces. On a croisé un lapin, un renard, des rapaces et des fourmis. A la MCL de Contrexéville, le Rout’Art est un lieu à part : la scène est un bout de route, la régie dans le capot d’une 2 CV, le bar une camionnette. Installation, préparation, réglages lumières. Encore une brochette d’enfants au spectacle ce soir. Les effets manifestement diurétiques de la Contrex leur font prendre la route des toilettes à tour de rôle. Je m’amuse à un poursuivre un ou deux. Encore une fois, on joue beaucoup, je rassure leurs fourmis dans les jambes en leur indiquant la durée moyenne du spectacle, soit 7 H 32. La porte du petit lieu grinçant à tout va, cela nous vaudra par moments un concert en porte majeure, dixit Jean-Pierre Fournier, le moustachu et bonhomme directeur de la MCL. Après le spectacle on a devisé le temps d’une bière chez Pipo le sicilien. On est bien. Je repense à l’Ours, chanté tous ensemble à la fin du spectacle, cet instant-là m’émeut toujours un peu. A mon allure, le nez dans la Grande Ourse qui me sert de galure.